Un Constat :

C’est imminent : l’IA débarque dans votre vie professionnelle, préparez-vous !

Quelque-soit votre poste, l’IA s’introduit progressivement dans votre activité. Et c’est d’autant plus vrai pour le manager dont une partie des tâches quotidiennes réalisés jusqu’à présent vont pouvoir être robotisées. Le manager est au cœur d’une nouvelle transformation encore plus brutale et disruptive que la transformation numérique. Il est donc important qu’il réfléchisse dès à présent aux compétences qu’il va devoir développer afin de se préparer à travailler avec l’IA. L’IA ne pourra pas remplacer le manager de projet mais celui-ci doit s’habituer à travailler avec elle.

Pourtant, la moitié des projets menés jusqu’en 2018 sur le front de l’intelligence artificielle ont été des échecs. C’est là l’un des enseignements tiré d’une étude réalisée début 2019 par IDC auprès de quelque 2 500 organisations à travers le monde. Les managers consultés ont évoqué parmi les causes de ces revers les raisons suivantes :

  • Des attentes irréalistes
  • Un manque d’implication et de disponibilités
  • Le coût encore élevé des solutions d’IA
  • Des biais présents dans les données d’entraînement (utilisées par l’IA )

Quelles questions doit-on se poser devant l’IA ?

Qu’est-ce que l’IA va changer dans les projets IT ?

Quelles compétences faut-il développer pour tirer parti de l’IA ?

Comment le manager peut-il s’adapter ?

Se poser ces questions est un premier pas que chacun doit faire. Je vous propose de tenter d’y répondre dans les paragraphes ci-dessous afin de :

  • Ne pas avoir peur de l’IA sous peine d’être rapidement dépassé
  • Tirer le meilleur parti de l’IA pour se recentrer sur sa valeur ajoutée
  • Éveiller le besoin et développer des compétences d’acculturation de l’équipe à l’IA

Quelles sont les tâches que l’IA va prendre en charge ?

L’IA va aider le manager dans ses taches quotidiennes de reporting et d’anticipation sur sa feuille de route projet.

Le reporting d’activités

Sans l’IA :  le manager utilise les outils de collecte de l’information pour faire via son reporting un état des lieux de ce qui a été réalisé, du reste à faire (couverture des tests, couverture des exigences, etc) et du niveau de qualité en cours.

Avec l’IA : l’outil permet au manager d’aller au-delà du simple état des lieux en interprétant les données du passé afin d’imaginer le futur. Ou plutôt les futurs. Car l’IA permet de proposer au manager des perspectives et même une stratégie (voilà ce qu’il faudra faire pour améliorer les choses) quitte à ce que ce ne soit que des paris sur l’avenir.

En fonctionnant de manière itérative, l’IA va être capable d’adapter progressivement le prédictif en fonction des nouvelles entrées.

La gestion de projet

Avec l’IA, le manager a de nouveaux moyens pour gérer les risques d’imprévus du projet (un environnement de test indisponible, des reports de livraison, des absences non prévues, etc). L’IA va aider le manager à estimer l’impact des impondérables sur le planning et la roadmap/feuille de route du projet.

Elle joue ainsi un rôle de garde-fou en créant des alertes en cas de dérives réelles ou potentielles. Et si un problème survient, l’IA pourra identifier des pistes pour le résoudre à partir des solutions appliquées par le passé dans des situations similaires.

Quelles sont les nouvelles compétences stratégiques que doit développer le « manager augmenté » ?

1-  Problématiser, afin d’éduquer l’IA

Problématiser, c’est reformuler les questions après en avoir fait ressortir l’essence, c’est à dire les enjeux principaux et implicites.

C’est seulement à partir de questions claires et précises que le manager pourra obtenir de l’IA un éventail de solutions (nommé « patterns ») à partir desquelles il pourra prendre des décisions ou choisir d’automatiser la réponse.

L’art de formuler les bonnes questions est une nouvelle compétence forte du manager pour utiliser avec succès l’IA. Auparavant le manager était jugé à sa capacité à régler des problèmes. Désormais, il va être jugé sur sa capacité à bien poser les problèmes afin d’interagir avec l’IA.

D’autant plus qu’en enseignant à l’IA, il clarifie sa propre pensée en étant poussé à disséquer les situations et les problématiques auxquelles il est confronté.

Dans le cadre du test, le manager doit être capable d’avoir une vision suffisamment claire du périmètre de test afin d’identifier l’ensemble des risques.

2-  Organiser les flux de données et les interpréter

L’IA est capable de traiter un très grand nombre de données en peu de temps à condition d’être alimenté. Pour nourrir l’IA, le manager doit mettre en place un système efficace et fiable de remontée d’informations et de données de l’ensemble des parties prenantes du projet (collaborateurs, testeurs, chefs de projet, équipes IT, fournisseurs externes, prestataires, etc). Il doit surtout faire en sorte que les données remontées soient de bonne qualité (c’est à dire vérifiées et fiables, précises et claires) et en flux continu.

Cette deuxième compétence stratégique nécessite un réel état d’esprit et l’acquisition de méthodes en amont.

Pour le Test Manager, il s’agit d’organiser la remontée des résultats d’exécution des tests en s’assurant par exemple que les informations attendues (sévérité, priorité, périmètre fonctionnel concerné, etc) sont bien saisies (dans les tickets d’anomalies par exemple) et vérifiées.

3- Développer un esprit critique et prendre le temps de se poser les bonnes questions

Le manager est là pour entreprendre, imaginer et innover mais aussi décider en prenant des  risques contrôlés. Là est sa plus value par rapport à la machine.

4- Éduquer les IA et apprendre des IA

Le manager doit aussi éduquer les IA pour qu’elles gagnent en performance et apportent des réponses plus individualisées.

Quelles sont les activités sur lesquelles le « Test manager augmenté » va pouvoir se recentrer ?

Devant ces opportunités, le manager doit anticiper en adaptant son savoir-faire vers ce qui constitue fondamentalement sa valeur ajoutée : la gestion du relationnel et du situationnel.

En profitant du temps économisé avec l’assistance de l’IA, il doit se recentrer sur des activités de management, c’est à dire :

  • Diagnostiquer et anticiper pour prendre des décisions (à long terme des décisions d’ordre stratégique, à court terme d’ordre opérationnel),
  • Etre davantage en contact avec son équipe car l’IA ne sait pas gérer les interactions humaines et ses imprévus, tels que les conflits de personnes, les désirs d’évolution, les départs et arrêts de travail, les difficultés personnelles, l’assistance des nouveaux entrants, les non-dits et tout ce qui n’est pas modélisable,
  • Motiver et animer son équipe, fixer des échéances et développer les talents, déléguer et contrôler, et développer des compétences d’acculturation de son équipe à l’IA,
  • Développer des relations de proximité avec ses clients et donneurs d’ordre pour mieux comprendre les nouveaux enjeux et les choix stratégiques de l’entreprise.

C’est ainsi que l’on pourra parler – bientôt ? – de test manager « augmenté ».

Frédéric VESQUE – novembre 2019


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